De Sidemen à Sanur – Klungkung (Semarapura)

Nous quittons Sidemen en début d’après-midi et nous nous dirigeons vers Sanur, qui se trouve au sud de Bali, juste au-dessus de la péninsule de Bukit. En chemin, nous faisons une halte culturelle et historique à Klungkung, aussi connue sous le nom de Semarapura.

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Cette ville est une ancienne capitale royale de Bali. C’est l’occasion de visiter les différents monuments historiques qui subsistent.

Notre chauffeur nous dépose près du carrefour où se situe la statue Patung Catur Muka. On ne peut pas manquer le monument Puputan Klungkung, qui est un mémorial aux Balinais qui se sont battus contre l’occupant néerlandais.

De l’autre côté de la route se trouve l’entrée dans l’enceinte de Kertha Gosa, que nous décidons de visiter. Le premier bâtiment à gauche est l’ancien Palais de Justice, construit au XVIIIème siècle. Les chaises des juges ont été joliment restaurées, tout comme les peintures au plafond. Ces dernières représentent les châtiments subis par les condamnés, tous plus barbares les uns que les autres. Aïe… On peut quand même repartir l’esprit plus tranquille en regardent les fresques représentant le paradis.

Juste à côté du Palais de Justice et au milieu du jardin se trouve le très joli pavillon flottant (Bale Kambang). Situé en hauteur, il est entouré d’eau sur laquelle flottent lotus et nénuphars. Nous pouvons en faire le tour et y accéder par une passerelle en pierre. Ce pavillon a beaucoup de charme. Un artiste y vend ses peintures sur toiles, dans un style caractéristique de Bali. Adjugé, ça nous fera un joli souvenir !

Le bâtiment le plus excentré du parc est le Palais Royal de Klungkung. Il abrite aujourd’hui le Klungkung Museum, un petit musée néanmoins intéressant. Vous y trouverez un aperçu d’artisanat local, des photos de la famille royale du début du XXème siècle et des peintures sur les batailles de l’armée de Klungkung contre les troupes néerlandaises.

Après une bonne heure de visite, nous retrouvons notre chauffeur de taxi, et nous continuons notre route vers Sanur.

Selon moi, Klungkung ne mérite pas forcément un détour. Malgré tout, si vous ne passez pas très loin, c’est une halte agréable. Et qui change un peu du reste de Bali : pour une fois, un peu d’histoire (et un musée, le seul de notre séjour).

Dépenses du jour

  • Taxi Sidemen-Sanur : 350.000Rp (20€)
  • Entrée Kertha Gosa : 30.000Rp (1,7€)

Sidemen

Après avoir quitté Gili Air, nous sommes de retour à Bali, et plus précisément à Padangbai, où nous passons juste la nuit. Nous partons en fin de matinée et arrivons à Sidemen vers midi.

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Notre bungalow est déjà prêt, nous pouvons donc y poser nos affaires. L’hôtel est très mignon et très calme : au bord de la rivière, dans une ambiance verdoyante. Les bungalows sont sur pilotis, au milieu des nénuphars. Il y a aussi une piscine.

Armés d’un plan des environs (dessiné à la main, donc approximatif…), nous partons à la découverte de Sidemen et de ses rizières. Nous passons le pont, marchons le long de la route, croisons une école.

Arrivés un peu plus en hauteur, nous avons une superbe vue sur les rizières. Et toujours cette végétation foisonnante. Nous décidons de nous arrêter déjeuner dans un petit warung familial, avec ce panorama plus qu’agréable. Le propriétaire est très gentil et la cuisine très bonne. A la table voisine, des écoliers sont venus déjeuner (en scooter !). Nous profitons de l’authenticité de ce lieu.

Lorsque nous avons terminé, nous reprenons notre balade. Nous suivons les conseils donnés par l’hôtel, qui sont de longer le système d’irrigation des rizières. Nous faisons des rencontres plus ou moins insolites : des épouvantails, des larves de moustiques (beurk), un monsieur qui transporte des tas de briques sur son scooter, un autre qui imite le cri des oiseaux pour les chasser des rizières et les empêcher de tout manger, des écolières qui répètent les chants/chorégraphies populaires sur un pont, des joueurs de foot en plein match, etc. Nous avançons tranquillement, en faisant bien attention à l’endroit où nous mettons les pieds pour ne pas tomber dans le canal. Ce n’est pas très profond, mais ce serait bien suffisant pour être trempé ! Nous avons l’impression d’être seuls dans cette étendue de verdure.

Sur la boucle du retour, nous nous retrouvons derrière une famille de Français et de leur guide. Nous nous apprêtons à prendre un différent chemin à un patte d’oie, mais celui-ci nous appelle et nous fait signe de le suivre. Effectivement, le canal d’irrigation se termine en cul-de-sac. Nous le quittons donc et suivons le groupe quelques instants. Nous ne sommes plus dans les rizières, mais dans l’enceinte d’un ancien hôtel néerlandais très luxueux. La nature a repris ses droits, même s’il reste quelques ruines visibles : l’escalier de l’entrée, la pancarte réception, l’emplacement de la piscine, etc.

La balade se termine et nous retournons à l’hôtel. Il ne faut pas traîner, j’ai rendez-vous pour un massage ! Je me rends donc sous un préau, au bord de la rivière, où me rejoint la masseuse. Je m’installe sur une des tables de massage, ferme les yeux et me laisse bercer par le bruit de l’eau sur les cailloux. La technique de massage balinais n’est pas toujours tendre, elle utilise beaucoup la pression. Mais j’adore, ça me fait un bien fou !

C’est donc entièrement détendue (et bien huilée) que je retrouve mon chéri, qui en a profité pour se faire une séance de sport au bungalow. Nous nous posons un peu, puis nous allons dîner au restaurant de l’hôtel.

Pendant la soirée, l’orage éclate et une bonne pluie s’abat sur Sidemen. Le courant est coupé et revient en quelques dizaines de secondes chez nous… mais pas dans le restaurant voisin. Il semblait pourtant y avoir une bonne ambiance (musique, guirlandes lumineuses, etc.), mais la soirée va s’arrêter prématurément pour eux. La pluie continue toute la nuit. C’est étrange de dormir dans un bungalow sur pilotis et d’entendre les gouttes si près, on a presque l’impression que ça rentre dans la pièce et qu’on va se réveiller les pieds dans l’eau.

Nous nous réveillons le lendemain matin : c’est bon, pas d’inondation ! Plus de pluie, et le ciel est clair. Nous allons pouvoir nous balader tranquillement aujourd’hui (bon, nous emportons quand même les k-ways dans le sac à dos, on ne sait jamais).

Nous décidons de grimper sur la montagne afin de rejoindre le temple Pura Bukit Tegeh et son meru à 11 toits, situé au sommet. Il va falloir avoir de bonnes jambes, mais on est déjà entraînés : après le Kawah Ijen, cette petite montagne ne nous fait pas peur !

Après quelques centaines de mètres sur la route, nous prenons un escalier, et nous voilà sur un chemin. On a l’impression d’être en pleine jungle. Tout est bien vert (résultat des averses régulières, comme celle d’hier soir), et nous sommes seuls sur cette montagne. Nous voyons des lianes, et nous ne pouvons nous empêcher de faire les imbéciles en jouant à Tarzan (c’est très loin d’être convaincant…).

Nous passons devant l’enceinte d’un temple abandonné. Puis, après un virage, nous nous retrouvons face à un superbe panorama : la région de Sidemen et ses rizières. C’est magnifique. Malgré la beauté du paysage, il faut en détacher un peu nos yeux pour pouvoir regarder le chemin. Il ne faudrait pas que l’on dévale la colline en roulé-boulé !

Après une bonne demi-heure de marche, nous arrivons au bout du chemin. Ça grimpait bien… Il faut traverser quelques rues, et nous voilà enfin près du temple. Il reste quand même quelques marches à monter…

Arrivés au milieu de l’escalier, nous sommes interpelés par un vieil homme, qui nous dit qu’il peut nous faire rentrer dans le temple (moyennant quelques billets évidemment). En effet, la porte principale est fermée. En haut des marches, il nous fait donc contourner l’enceinte du temple par la droite et nous montre un petit portillon. Ça y est, nous sommes à l’intérieur (et tous seuls !). Nous slalomons entre les différents petits temples et nous arrivons devant le point de vue. Nous voyons toute la vallée, c’est vraiment sublime. Tout est tapi de vert, entre montagnes et rizières. On passerait bien la journée ici sans se lasser !

Nous redescendons dans le village de Sidemen par le même chemin qu’à l’aller.

Il est l’heure de déjeuner, et nous décidons de nous attabler au Warung Van Bungsil, juste à côté de notre hôtel. L’atmosphère est très agréable : déco artistique, bruit de la rivière, musique de fond. Cerise sur le gâteau : le courant est revenu ! Je commande un plat balinais tandis que mon chéri veut changer et part sur un club sandwich frites. Verdict : c’est fade, sec, les tomates n’ont aucun goût, et il y a une fourmi dans les frites. Notre conseil : il vaut mieux rester sur de la nourriture locale, bien meilleure et bien moins chère !

Il est alors temps de dire au revoir à Sidemen et de nous diriger vers notre ultime destination : Sanur.

Dépenses du jour

  • Taxi Padangbai-Sidemen : 250.000Rp (14€)
  • Massage : 80.000Rp (4,5€)
  • Temple Pura Bukit Tageh : 60.000Rp (3,5€)

Quand la terre tremble…

Quelques secondes, et tout bascule

C’était une journée au paradis. Balades sur une île quasi déserte, seuls au monde. Le sable blanc, la mer turquoise façon carte postale, les poissons multicolores. Le cocktail sur la plage en admirant le coucher de soleil. Le dîner à la bougie, les yeux dans les yeux, les pieds dans le sable.

Quand soudain, à 19h46, tout bascule. En une fraction de seconde, tout devient noir. Et silencieux. Uniquement la lueur des bougies sur les tables, et le bruit de la terre qui tremble, des pierres qui s’écroulent. Pendant combien de temps ? 20, 30 secondes tout au plus. Mais qui semblent une éternité…

Dès les premières secousses ressenties, mon chéri m’attrape et met nos têtes sous la petite table. Lorsque ça se calme, nous nous relevons. Difficile d’évaluer l’ampleur des dégâts : il fait nuit noire et il n’y a plus d’électricité. L’ambiance est relativement calme : pas de cris, pas de panique. On sent malgré tout l’angoisse monter. On se réunit avec quelques autres touristes, ne sachant que faire. Aucun Indonésien à l’horizon, on se demande où ils sont tous partis… Certains touristes décident de rester sur la plage, au bord de l’eau, sûrement pour éviter des chutes d’arbres. Mais j’ai le mot tsunami qui clignote. D’autant que, quelques jours plus tôt, dans le ferry qui nous emmenait à Java, j’ai vu un clip qui montrait le terrible tsunami de 2004. J’ai donc ces images qui tournent en boucle, et rester près de l’eau ne me dit rien qui vaille…

Au bout de quelques minutes (ou plus ? Le temps défile bizarrement), nous voyons un des serveurs du restaurant. Nous l’interpellons, il nous fait signe de le suivre. Nous quittons donc la plage pour nous réfugier quelques dizaines de mètres plus loin, à l’intérieur de l’île. Ici sont regroupés une dizaine de personnes, des locaux et des touristes. L’angoisse grimpe encore d’un cran, notamment lorsqu’une femme au téléphone (probablement avec sa famille sur Lombok) se met à crier et pleurer. Tout est amplifié par le fait que nous n’avons aucune information sur ce qui se passe, quelle est l’ampleur des dégâts, que faire, etc. On apprend quand même que nous allons devoir passer la nuit dehors.

Puisqu’il en est ainsi (et qu’il commence à faire frais), nous décidons de nous diriger vers notre bungalow pour prendre quelques affaires chaudes. En chemin, nous devons enjamber des murets qui se sont écroulés. Puis nous croisons un groupe important de personnes, mené par une Occidentale (du club de plongée, qui vit sur l’île) qui nous arrête. Enfin, nous en apprenons un peu plus ! Elle nous explique qu’on ne peut aller plus loin, qu’il faut se regrouper au niveau du point le plus haut de l’île car une alerte tsunami a été déclenchée. Nous suivons donc le groupe de touristes et nous nous asseyons dans l’herbe. Et attendons… Nous restons calme, relativement silencieux. La petite boule dans le ventre grandit. On essaie de ne pas penser au fait que, même au centre de Gili Air et au niveau de son point le plus haut, nous sommes à quelques centaines de mètres de la plage et quasiment au niveau de la mer. Autant dire que si un tsunami arrive, on n’est pas vraiment sûrs de s’en sortir…

Par moment, la terre tremble de nouveau. Evidemment pas aussi fortement que lors de la première secousse, mais suffisamment pour que cette petite boule me torde le ventre. Vers 21h30, nous décidons d’envoyer un message à nos familles. Nous ne savons pas si le séisme est suffisamment puissant pour qu’on en parle aux informations françaises (et, internet étant coupé, nous ne pouvons vérifier), mais par précaution nous rassurons nos parents par sms.

Le personnel du club de plongée passe donner quelques nouvelles de la situation : la vague résultant du tremblement est arrivée à Lombok. Elle n’était pas très haute, et même si elle va gagner en puissance le temps d’arriver à Gili Air, elle ne devrait pas dépasser 70cm. C’est une bonne nouvelle, mais on va quand même attendre l’arrivée de cette fameuse vague avant de souffler.

Une quinzaine de minutes plus tard, l’alerte tsunami est levée. L’angoisse est toujours là, mais l’ambiance se détend un peu. Les gens du club de plongée passent donner de l’eau et de la nourriture à ceux qui le veulent.

La nuit est bien avancée et la température est encore descendue. Maintenant que la situation est un peu apaisée et qu’il ne reste plus qu’à attendre le lever du jour, nous décidons de reprendre notre route vers notre bungalow afin d’aller chercher quelques affaires pour nous tenir chaud. En chemin, nous croisons un habitant de Gili Air qui décide de nous accompagner. L’électricité n’étant pas revenue, nous n’avons que la lampe torche de nos téléphones pour nous éclairer. Nous ne pouvons voir si le bungalow est endommagé : il va falloir être prudents et rapides. En 30 secondes, nous récupérons des sweats, nos sarongs et des serviettes de bain. Pas le temps de s’occuper d’autre chose ! Notre voisin nous mène ensuite à une prairie où sont rassemblés une petite centaine de personnes, touristes comme locaux. La propriétaire des bungalows est là, et elle a l’extrême gentillesse de nous prêter une couverture pour la nuit.

Il est environ 23h, nous nous allongeons sur la terre sèche et tentons de dormir. Pas si facile… Je réussis quand même à m’assoupir. Avant d’être réveillée par une nouvelle réplique. C’est encore plus impressionnant lorsqu’on est allongé, on ressent les vibrations de la terre de tout son corps, ça résonne à l’intérieur. Chaque secousse est suivie d’une prière des habitants de l’île (ici musulmans). Ça donne une dimension très particulière à l’ambiance qui règne ici. Et ça se répète, encore et encore. 10 fois, 20 fois, peut-être plus, peut-être moins, on perd le compte…

Dans la nuit, l’imam vient rassurer ses fidèles et prier avec eux. C’est beau, ça nous bercerait presque.

Il est bientôt 6h, on commence à distinguer les premières lueurs de l’aube. Entre l’angoisse, l’inconfort, les secousses, les prières, nous avons très peu dormi. Mais nous sommes en vie et indemnes, ce qui nous donne du courage pour la difficile journée qui s’annonce. Le soleil se lève, et les gens commencent à en faire autant. La propriétaire des bungalows vient nous chercher pour rentrer, et pour évaluer l’ampleur des dégâts. Le muret de la terrasse de notre voisin s’est effondré. Chez nous, c’est le mur entre la chambre et la salle de bain qui est fissuré, et on sent bien que celle-ci penche un peu trop. Nous montons prudemment dans la chambre, et rassemblons nos affaires le plus rapidement possible. Nous récupérons doucement nos trousses de toilette dans la salle de bain ; le stress monte un peu à ce moment-là. Nous passons voir la propriétaire pour lui dire au revoir. Elle semble désemparée, elle m’attriste beaucoup. C’est dur de savoir que l’on va peut-être devoir tout quitter et tout recommencer… Elle nous conseille de quitter Gili Air dès que possible : ce n’est pas très sûr ici, et les autorités devraient ordonner l’évacuation dans les minutes qui viennent.

Evidemment, nous ne sommes pas les seuls dans ce cas : tout le monde se dirige vers l’embarcadère. On distingue les touristes, avec leurs grosses valises, des locaux, avec leurs petits sacs plastiques. Pour l’instant, il n’y a qu’un seul speedboat qui semble faire la liaison avec Bangsal à Lombok. La file d’attente ne bouge pas d’un pouce. Nous décidons donc d’aller nous poser un peu plus loin et d’attendre que la situation s’améliore. Il est environ 7h30 du matin, et nous savons que nous passerons au minimum la matinée ici.

Quelques images traumatisantes nous rappellent la violence du séisme. Les murs des maisons effondrés. Sur la plage, à quelques dizaines de mètres de nous, un corps sans vie recouvert d’une serviette de bain. Puis, sur un brancard improvisé avec un transat, porté par plusieurs hommes pressés, un jeune homme qui semble mal-en-point.

Mon chéri décide de retourner vers la rue commerçante afin d’aller acheter, si possible, de l’eau et de la nourriture, au cas où. Je me retrouve donc seule (tout est relatif, puisqu’il y a des centaines de personnes autour) pendant une vingtaine de minutes, et c’est probablement le moment le plus angoissant pour moi. Je comprends alors que, ce qui nous a en partie permis de ne pas céder à la panique, c’est d’être ensemble. Et que c’est précieux…

Mon chéri revient enfin avec des bouteilles d’eau et un paquet de gâteaux (que nous appelleront affectueusement ensuite biscuits de la survie), et je souffle un peu. Les gens se pressent sur l’embarcadère, qui n’est pas si costaud. D’ailleurs, une des planches de bois finit par céder (sans faire de blessé, heureusement). Il y a tellement peu de place dans le bateau que l’on demande aux gens de laisser leurs valises sur place. Le couple qui attend à côté de nous s’offusque, et décrète qu’ils ne sépareront jamais de leur valise. Moi, qui suit pourtant très attachée aux objets, je ne me pose pas la question très longtemps. Nous réorganisons nos sacs à dos avec le strict nécessaire, dans l’éventualité où nous devrions laisser nos affaires sur place : une tenue de rechange, quelques sous-vêtements, un maillot de bain, la trousse de toilette (jamais sans ma brosse à dents !), l’appareil photo, les clés de l’appartement et nos papiers d’identité.

Quelques bateaux publics arrivent enfin. A chaque fois, plusieurs dizaines de personnes montent à bord, bien plus qu’il ne le faudrait. Et c’est la foire d’empoigne ! De l’eau jusqu’à la taille, portant ses affaires à bout de bras, la place sera à celui qui jouera le mieux des coudes. Nous sommes très étonnés par l’absence de personnel officiel : pas de policier ni de militaire, personne pour organiser l’évacuation. Du coup, c’est l’anarchie.

L’embarcadère se vide un peu. Vers 11h, nous décidons de tenter notre chance avec un bateau public. Encore une petite montée d’adrénaline… On enlève nos chaussures, on avance dans l’eau, et hop, mon chéri monte sur le bateau. Une femme proteste, déclarant que nous sommes déjà trop nombreux (ce qui n’est pas tout à fait faux). Mais pas le choix, il faut y aller. Il m’aide à grimper, et le bateau démarre. Il s’en est fallu de peu. Nous sommes soulagés, et le bonus : nous avons pu emporter nos valises !

Après une bonne dizaine de minutes de traversée, nous arrivons à Bangsal. Il y a beaucoup de monde sur le petit port : les touristes arrivent massivement des 3 îles Gili. Nous espérons pouvoir trouver un taxi ou un bus qui nous emmène à Lembar pour reprendre le ferry. Pour la première fois de la journée, nous voyons des militaires qui gèrent les afflux de personnes. Malheureusement, aucun véhicule civil ne passe ; il semble que nous nous trouverons pas de taxi ici. Nous décidons donc de quitter le port et de remonter la rue principale de Bangsal, où nous aurons peut-être plus de chance. Nous trouvons tout d’abord une gare routière : quelques bus sont garés, mais nous comprenons vite qu’il ne faut rien espérer. Dans l’hypothèse où des bus partiraient, de nombreux touristes font déjà la queue. Nous continuons donc notre route et nous nous arrêtons au carrefour suivant. Il y a pas mal de circulation ici, nous trouverons peut-être une voiture plus facilement.

Alors que nous attendons, je réalise que nous avons eu beaucoup de chance jusqu’à présent : nous sommes vivants (c’est déjà un bon point), nous n’avons pas une égratignure, et nous n’avons même pas subi de dommages « matériels ». Parmi les touristes qui sont autour de nous, certains portent un bandage à la tête, d’autres ont le pieds en sang. Juste en face de nous, les murs des magasins sont tombés. Il ne reste de la mosquée voisine qu’un immense tas de pierres, recouvert de la coupole qui donne une idée de la dimension d’origine. Elle devait être magnifique.

Nous nous faisons accoster une ou deux fois par des locaux : ils veulent savoir où nous nous rendons et nous proposent de nous y emmener pour un prix exorbitant. Le temps d’hésiter, la voiture est déjà pleine avec d’autres personnes qui préfèrent rejoindre l’aéroport. Un autre homme vient nous voir : nous négocions, avec le couple à côté de nous, le trajet pour Lembar à 1.000.000Rp (environ 60€) pour chaque couple. Adjugé ! C’est cher, mais tant pis, nous n’avons pas le choix. Il va donc chercher sa voiture. Le chef arrive, et au moment où nous mettons les valises dans le coffre, la note change : c’est maintenant 1.000.000Rp par personne. Pas le temps d’hésiter, ou les places dans la voiture vont encore nous passer sous le nez. Tant pis pour le porte-monnaie, il est absolument nécessaire que nous partions d’ici.

Le couple avec qui nous partageons le taxi est colombien. Ils étaient sur Gili Trawangan et ont filmé leur hôtel avant de partir : il y a eu pas mal de dégâts (beaucoup de fissures, quelques murs écroulés). Le chauffeur nous raconte que toute sa famille est à l’hôpital. Ça me fait mal au cœur qu’il soit sur la route alors qu’il devrait être avec eux…

Après quelques kilomètres, nous sommes obligés de faire demi-tour : la route pour Mataram est endommagée, elle a été fermée. Nous allons donc devoir passer par la côte.

Sur le chemin, le ventre se serre à nouveau plusieurs fois. Quand on distingue les îles Gili au loin. Quand on passe devant des bâtiments fissurés, des villages effondrés. Quand on voit des hommes creuser des tombes pour de nombreux corps.

Vers 13h45, nous arrivons à Lembar. Nous remercions notre chauffeur et lui souhaitons bon courage. Il y a beaucoup de monde à l’embarcadère, et on ne sait pas à quelle heure part le prochain bateau (ni même s’il y en aura un). Nous commençons à avoir faim : nous achetons alors des portions de riz emballés dans des feuilles de bananiers. Il n’y a pas de couvert, il va falloir manger avec les mains. C’est sacrément épicé ! J’en pleure, je renifle, mes lèvres sont en feu, même mes doigts semblent brûler !

On nous indique que le ferry partira du premier ponton, et puis non du dernier, ah et en fait ce sera bien du premier. Pendant cette pagaille, les gens se passent devant les uns les autres et n’hésitent à se rouler sur les pieds avec leurs valises. Nous réussissons finalement à embarquer. C’est parti pour un trajet de 4h, qui semble interminable. Nous essayons de dormir tant bien que mal sur les chaises en plastiques. Puis, tandis que le soleil se couche doucement, nous voyons apparaître les contours de Bali.

Nous foulons enfin le sol de Padangbai. C’est une petite victoire, un poids en moins au creux de ce satané ventre. J’ai repéré dans le Guide du Routard un hôtel proche de l’embarcadère. Nous demandons à la réception, mais sans surprise il est complet. Nous avançons donc vers le centre de la petite ville. Ici, des chambres sont libres, mais il n’y a pas d’eau chaude. En temps normal, nous aurions pu nous en accommoder, mais pas aujourd’hui. Nous avons besoin du réconfort apporté par une longue douche bien chaude. Nous continuons notre quête et arrivons à l’hôtel Dharma. Il reste une chambre (avec de l’eau chaude !), la plus belle, elle est située au 4ème et dernier étage. Moment d’hésitation, la boule revient. Et si la terre tremble de nouveau cette nuit ? Le dernier étage ne me rassure absolument pas… Mais il va falloir surmonter cette angoisse.

Finalement notre chambre est agréable : elle est spacieuse, il y a une grande terrasse, et on a une jolie vue depuis la salle de bain. On commence par se connecter au wifi et appeler nos parents pour les rassurer et leur raconter les 24 heures qui viennent de s’écouler. Vient enfin le moment le plus attendu de la journée : la douche ! Nos corps sont recouverts de sel, de sable, de poussière et de sueur, et cette eau chaude et savonneuse est le saint-graal. Nous en profitons un peu plus que raisonnable.

Après avoir dîné, nous nous glissons sous les couvertures pour une nuit dans un vrai lit…

Ce que dit la science

Le séisme qui a frappé Lombok ce 5 août 2018 s’est produit à 10km de profondeur et était d’une magnitude de 7, ce qui explique la violence des secousses et les dégâts occasionnés. Il est dû à une collision entre la plaque australienne et la plaque eurasienne.

Ce séisme avait été précédé d’un autre le 28 juillet (que nous avions ressenti à Ubud) et a été suivi d’un le 9 août (que nous n’avons bizarrement pas senti sur la plage à Sanur, contrairement aux gens dans les rues) et de deux le 19 août.

L’Indonésie est située sur la ceinture du feu du Pacifique, zone de forte activité sismique puisqu’elle correspond à la convergence de trois grandes plaques tectoniques (indopacifique, australienne et eurasienne). Il n’est donc pas rare qu’il y ait des tremblements de terre dans cette région du monde, même s’ils sont généralement moins puissants. Ils peuvent être suivis de nombreuses répliques.

Ce qui est plus rare, en revanche, c’est que plusieurs séismes différents, avec des épicentres relativement proches et des magnitudes fortes, se produisent à quelques jours d’intervalle. En effet, l’énergie libérée est tellement énorme qu’il faut du temps avant qu’un autre tremblement de terre se produise. Mystère pour les scientifiques…

Vous pouvez lire les articles explicatifs de Futura Sciences et du Figaro international, qui peuvent vous en apprendre un peu plus.

Et après ?

Malgré la survenue de cet événement, nous avons eu énormément de chance. Tout d’abord, nous sommes sortis de cette épreuve sales et fatigués, mais sains et saufs. Même pas une égratignure ! Seules les roulettes de nos valises ont souffert sur les nids de poule des rues de Lombok. Ensuite, même si quitter Gili Air et Lombok a été compliqué, nous avons pu le faire dans la journée. De nombreux touristes et locaux n’ont pas réussi. Les vols depuis l’aéroport de Lombok étaient tous complets, et beaucoup ont dû attendre plusieurs jours. Enfin, ce séisme a eu lieu à la fin de notre séjour. Nous avons donc eu largement le temps de bien profiter avant. Nous avons rencontré quelques Français pendant la journée de trajet Lombok-Bali, certains étaient au milieu de leurs vacances, d’autres les commençaient tout juste. Leurs discours étaient le même : on veut juste rentrer chez nous !

Les jours qui ont suivi ont été particuliers. Le calme de Sidemen a réussi à nous apaiser, mais notre esprit était encore empreint de ce qui s’était passé à Gili Air. Vous savez, cette sensation étrange, comme par exemple après les attentats de 2015, où vous ne pouvez vous empêcher d’y penser toute la journée… Je suis devenue un peu parano sur les bords : j’ai même eu peur qu’une pluie d’orage nous inonde et nous engloutisse, c’est dire… La moindre petite vibration du sol faisait réapparaître cette fameuse boule au ventre : un camion qui approche sur la route, quelqu’un qui remue son genou, le métro parisien sous nos pieds, etc. L’angoisse a été présente plusieurs mois, les mauvais rêves aussi. C’est passé. Mais je n’aime toujours pas sentir le sol vibrer.

Il faut savoir tirer parti des épreuves et relativiser. On a de la chance de vivre où nous vivons, dans un pays comme le nôtre. Ce séisme est aussi un lien entre nous deux, il fait parti de notre histoire de couple, il nous a très probablement renforcé.

Dans un registre un peu plus administratif, on s’est également dit qu’à l’avenir, ce serait bien de s’enregistrer sur Ariane (pour ne pas couper le fil, saisissez-vous la référence ?). Il s’agit d’un service du Ministère des Affaires Etrangères : vous enregistrez les détails de votre voyage, vos lieux de passage, votre numéro de téléphone et le nom de vos accompagnants. S’il arrive quelque chose, vous recevrez des informations et des consignes de sécurité par mail ou sms, et la personne que vous avez désignée pourra être contactée le cas échéant. Pas de flicage, les données sont supprimées une fois le voyage terminé. En effet, s’il nous était arrivé quelque chose, qui aurait su où nous étions et comment nous retrouver…? Si on avait été inscrits, on aurait reçu cette info, et celle-ci ou encore celle-là. Ça nous aurait probablement rassurés.

J’espère que je ne vous ai pas fait renoncer à partir en Indonésie, parce que le reste, c’était sacrément bien !

PS : on n’a toujours pas mangé les biscuits de la survie

Les îles Gili (Gili Air et Gili Meno)

Ce matin, réveil dans notre joli bungalow sur pilotis de Gili Air. Notre hôte nous prépare un délicieux petit-déjeuner (toasts à la cannelle). Nous ne traînons pas trop, car nous avons prévu de prendre le bateau public à 9h pour nous rendre sur l’île voisine de Gili Meno. Nous arrivons un peu avant l’heure sur le petit embarcadère, mais il semble que le bateau soit déjà parti… Les horaires indonésiennes… Nous nous rabattons donc sur un trajet en speedboat, un peu plus cher.

Après quelques minutes de traversée, nous arrivons à Gili Meno vers 9h30. Plage de sable blanc, mer bleue turquoise, volcans en arrière plan… Effectivement, nous sommes bien au paradis !

Cette petite île fait à peine 2km du nord au sud sur 1km de largeur. On fait le tour de ses 5km de plages à pieds en 1h30. Nous commençons donc par le sud.

A quelques pas de l’embarcadère se trouve le « sanctuaire aux tortues ». Ce refuge prend soin des bébés tortues marines avant de les relâcher dans la nature. On peut faire un don pour aider à la préservation de ces espèces. Il y a différents bassins où les tortues sont réparties selon leur âge.

Les tortues sont vraiment très belles (c’est toujours un peu frustrant de voir ces animaux dans des bassins et pas dans la mer, même si c’est pour le bien de l’espèce…), mais nous n’allons quand même pas passer la journée à les regarder !

Nous continuons donc notre balade sur le petit chemin de sable, à quelques mètres de la plage. Nous profitons de chaque instant, émerveillés par le calme, la beauté, le charme de cet endroit…

Nous sommes passés sur l’autre rivage de l’île. Contrairement aux photos précédentes, où nous voyions Gili Air en face, il s’agit maintenant de Gili Trawangan que nous pouvons voir.

Nous arrivons près du lac situé sur la côte ouest de l’île. Je m’approche un peu pour observer je-ne-sais-quoi, et aaaahhh c’est vaseux… J’ai failli y laisser ma tong ! J’aurais dû m’en douter, les oiseaux ne laissent pas leurs empreintes sur un sol sec… Je vais donc rincer mes pieds, mes mains, mes tongs, et nous reprenons le chemin.

Nous décidons de nous arrêter au nord de l’île pour une pause baignade. Il paraît même que c’est un spot à tortues… Mais il y a trop peu d’eau pour qu’elles s’aventurent jusque ici. Nous profitons donc de l’eau chaude, des quelques poissons et des coraux.

La plage n’est pas la plus agréable pour s’allonger, puisqu’elle est recouverte de coraux, et forcément ça pique. Nous allons donc prendre un verre dans le restaurant situé juste à côté. Nous sommes tellement bien ici que nous y passons un long moment. Nous alternons entre gorgées d’eau de noix de coco bien fraîche, voyage du regard vers l’horizon, déjeuner léger, nouvelle baignade, observation de l’oiseau bavard du propriétaire… Le temps fait une pause. C’est le bonheur…

Nous nous faisons violence pour réussir à quitter cet endroit paradisiaque. En quelques centaines de mètres, nous avons rejoint l’embarcadère sur lequel nous somme arrivés ce matin. Nous décidons de marcher sur la plage cette fois. Il y a plus de vent de ce côté de l’île, et la mer est beaucoup plus agitée (alors qu’elle était parfaitement calme au nord). Nous posons nos affaires, enfilons nos masques et tubas, et allons observer les jolis poissons qui vivent dans cette mer turquoise. Il faut être prudent, car non seulement la mer s’agite, mais le fond plonge de quelques mètres assez rapidement. En tout cas, les poissons multicolores sont au rendez-vous !

Après cette activité snorkeling, nous nous allongeons sur le sable pour une pause sieste et lecture. C’est alors qu’il est déjà 16h, et nous devons rentrer à Gili Air. Cette fois, nous montons bien dans un bateau public, à peine plus lent et beaucoup plus agréable qu’un speedboat !

Une fois arrivés dans notre chambre, nos posons nos affaires et nous décidons de ne pas traîner. Tant pis pour nos maillots de bain non rincés, pour le sel et le sable sur nos corps, pour notre coiffure qui laisse à désirer : il ne faut pas perdre une minute si nous voulons admirer le coucher de soleil ! En effet, l’Indonésie étant proche de l’équateur, le soleil se couche tôt (vers 18h). Nous enfilons un pantalon et un tee-shirt à manches longues (les soirées peuvent être plus fraîches et il faut se protéger des moustiques à Gili), et nous voilà partis, sur les conseils de la propriétaire des chambres, sur la plage au nord de l’île pour être au bon endroit pour voir le soleil disparaître à l’horizon.

Nous passons devant des petites échoppes qui ont l’air sympas ; nous reviendrons demain pour faire des achats ! Nous nous installons sur des poufs sur la plage et nous commandons de délicieux cocktails au Mirage Bar. La vue est splendide et les couleurs de cette fin d’après-midi sont captivantes. Décidément, cette journée est magique… Elle est de celles qu’on ne voudrait jamais voir se terminer.

Pour fêter ça, mon chéri décide de choisir un restaurant un peu plus élaboré pour ce soir. Nous allons donc faire une exception, et dépenser plus de 5€ pour le dîner 🙂 Nous jetons notre dévolu sur un joli restaurant sur la plage. Notre table est dans le sable, presque les pieds dans l’eau. Les bougies éclairent la nuit, c’est très romantique !

L’ambiance est parfaite, le repas est très bon, nous nous plongeons dans les yeux l’un de l’autre. Cette journée s’est déroulée comme un rêve…

Malheureusement, le rêve s’est tout à coup transformé en cauchemar. Pour ceux qui veulent garder cette vision de paradis ou qui ne recherchent que des conseils touristiques, je vous invite à passer directement à nos retrouvailles avec les rizières de Bali à Sidemen. Pour le récit de la nuit et de la journée qui suivent, c’est par là.

Dépenses du jour

  • Navette pour Gili Meno : aller 200.000Rp (11,50€) en speedboat, retour 70.000Rp (4€) en bateau

D’Amed à Gili

Changements de plans pour la suite du séjour !

Nous avions prévu de nous lever vers 7h ce matin, afin de pouvoir observer les bateaux de retour de pêche sur la plage d’Amed. Il paraît que les voiles colorées sont magnifiques. Nous serions ensuite partis pour Gili Air en speedboat à 9h30 (environ 2h de traversée) pour y passer 2 jours. Puis nous aurions à nouveau pris un speedboat pour Nusa Lembongan avant de retourner à Bali 2 jours plus tard.

Malheureusement, nous devons changer de programme. En effet, il y a du vent depuis plusieurs jours en mer, et les speedboats ne sont pas autorisés à partir (trop dangereux). La seule façon de se rendre sur les îles Gili est donc de prendre un ferry. Le trajet est beaucoup plus long, mais nous décidons tout de même d’opter pour cette solution.

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Les îles Gili sont 3 petits atolls situés au nord-ouest de Lombok, tous bordés de magnifiques plages de sable blanc. D’une superficie de 15 km² (à elles trois !), on n’y circule qu’à pieds, à vélo, ou en carriole à cheval ! Chacune de ces 3 îles à sa particularité :

  • Gili Trawangan (ou Gili T pour les intimes) est la plus éloignée de Lombok, et la plus développée au niveau du tourisme. C’est la plus fêtarde et la plus animée : musique, alcool et autres substances. Il y a aussi de bon spots de plongée. Les hôtels sont plus grands, les prix peuvent grimper en haute saison.
  • Gili Air est la plus proche de Lombok. Beaucoup plus calme, elle reste très tranquille avec ses petits hébergements et restaurants (même s’il paraît que de nouveaux hôtels ouvrent, notamment au sud). Nous avons opté pour celle-ci, et nous avons beaucoup aimé l’ambiance.
  • Gili Meno, géographiquement située entre les 2 précédentes, est aussi la plus sauvage. Très peu d’hébergements, très tranquille, parfaite si vous voulez être seul au monde !

Nous quittons donc Amed à 6h du matin. Il fait nuit noire, et c’est l’heure de pointe pour les chauve-souris ! On voit bien leurs yeux qui brillent…

Un taxi nous amène jusqu’à Padangbai, où nous suivons un groupe jusqu’à l’embarcadère. Nous faisons la queue pour monter sur le prochain ferry. Malgré l’heure matinale, il y a déjà beaucoup de monde, et la file d’attente ne cesse de s’allonger. Nous réussissons à monter sur le bateau de justesse, il ne fallait pas arriver 5 minutes plus tard.

Le trajet est long… 5 heures plus tard, nous accostons enfin au port de Lembar, au sud de l’île de Lombok. Le temps de descendre du ferry, un taxi nous attend sur le parking afin de remonter Lombok par la côte ouest et de nous emmener à Bangsal. Nous y arrivons vers 17h. Et là, on nous dit qu’il est trop tard et qu’il n’y a plus de bateau public pour Gili Air. Heureusement, nous étions en groupe et notre guide réussit à négocier la traversée. Les pieds dans l’eau pour monter dans un petit bateau typique, il faut porter les valises pour ne pas les mouiller !

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C’est donc un peu avant 18h, après avoir traîné les valises sur les pavés de Gili Air, que nous arrivons enfin dans notre charmant petit bungalow. Nous prenons possession des lieux et déballons quelques affaires, écoutons les précieux conseils de notre hôtesse, et repartons pour aller dîner. Ici, quasiment tous les restaurants ont les pieds dans le sable. C’est donc sur la plage, à quelques mètres de la mer, assis sur une table en bambou, que nous dégustons notre dîner. On se laisse même tenter par une petite crêpe pour le dessert… Sacrés gourmands !

Puis nous rentrons, fatigués de cette journée de transports sans fin, mais enthousiastes à l’idée de découvrir Gili Air, qui, malgré le peu que nous en ayons vu, nous a déjà beaucoup plu.

Surprise, nous avons un (grand !) invité dans la chambre…

Etant donnée la galère que ça a été pour venir jusqu’ici, et que nous n’avons pas pu profiter de l’île aujourd’hui comme prévu, nous décidons d’annuler notre étape suivante à Nusa Lembongan. Nous demandons à rester une nuit de plus dans notre hôtel de Gili Air, ce qui est possible. Puis nous improviserons pour la nuit restante, peut-être un petit tour dans les rizières du centre de Lombok.

Mais pour l’instant, nous allons profiter de ce coin de paradis…

Dépenses du jour

  • Trajet Amed-Gili Air (2 taxis, ferry, bateau) : 1.000.000Rp (57€)

De Pemuteran à Amed

Ce matin, nous quittons -à regret- Pemuteran. Notre prochain point de chute est Amed, à l’autre extrémité de Bali.

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Nous décidons de faire un détour par Tirtagangga afin de visiter le Water Palace. Ce temple a été construit à la fin des années 1940 autour de sources sacrées. Il y a plusieurs bassins, de nombreuses statues, de beaux nénuphars. Il y a un peu de monde au niveau du bassin le plus « photogénique », celui on l’on peut presque marcher sur l’eau. Mais le reste du parc est calme, et nous prenons plaisir à nous y balader pendant une bonne demi-heure.

Nous reprenons la route et arrivons à Amed en début d’après-midi. Après un déjeuner sur le pouce, nous découvrons notre chambre d’hôtel : elle est idéalement située (la plage est à quelques pas, et on a vue mer depuis la porte), par contre elle n’est pas du tout accueillante… Elle ne semble même pas propre ! Nous n’avons jamais été déçus de nos hôtels à Bali jusqu’à présent, celui-ci sera une exception ! Dommage, car l’emplacement est vraiment idéal.

Nous enfilons nos maillots de bain, et profitons d’une pause lecture et baignade sur la plage. C’est calme, le ciel et la mer sont paisibles.

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En fin d’après-midi, nous décidons d’aller marcher le long de la plage. Au loin dans les nuages, se dessine la silhouette d’un volcan. La balade est agréable, notamment dans le coin des pêcheurs et de leurs jolis bateaux.

Ce soir, nous dînons au restaurant Camessa et profitons du coucher de soleil, entre mer et montagne. Et nous allons nous coucher tôt, car un réveil très matinal nous attend demain !

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Dépenses du jour

  • Taxi Pemuteran-Amed : 800.000Rp (46€)
  • Water Palace de Tirtagangga : 62.000Rp (3,5€)

L’ascension du Kawah Ijen

Ce soir, nous partons pour une excursion extraordinaire ! Cap sur l’île voisine de Java et l’un de ses volcans, le Kawah Ijen.

Nous avons rendez-vous à 23h30 avec le patron de l’hôtel, qui nous emmène à l’embarcadère de Gilimanuk. Nous prenons un ferry pour nous rendre à Banyuwangi à Java. Puis nous montons à l’arrière d’une vieille Jeep en compagnie de 3 autres couples. Le trajet semble interminable : impossible de faire un petit somme tellement c’est inconfortable ! Nous sommes assis sur une banquette épaisse comme une planche de bois, nous ressentons le moindre relief sur le route, et nos têtes cognent contre le plafond à chaque bosse (bonus pour mon chéri : il ne peut pas se tenir droit car il est trop grand…). C’est donc soulagés que nous arrivons à Paltuding, départ de la randonnée.

Il est environ 2h du matin. Nous retrouvons notre guide, buvons un petit café et attendons le reste du groupe (une quinzaine de personnes). Puis, vers 2h30-3h, il est temps de partir.

Nous suivons le guide de près, car nous ne voyons rien. Il fait nuit noire, les seules lumières sont les dizaines de lampes frontales des randonneurs. Le rythme est intense, ça monte dur par endroit. Certains, pas sportifs, préfèrent payer des porteurs pour effectuer quelques mètres en charrette. Je suis essoufflée, pas habituée à grimper sur un volcan en plein milieu de la nuit ! Je me demande même à plusieurs reprises ce qui m’a pris de venir ici. Je trouve la réponse une heure plus tard…

Nous arrivons au sommet du cratère vers 4h. Nous commençons à sentir l’odeur de soufre. Des fumées s’échappent d’un peu plus bas. Et enfin, nous en voyons… Les fameuses flammes bleues (blue fire). Elles apparaissent lorsque le soufre sort de terre à l’état gazeux. Comme pour tout phénomène naturel (ok, exploité par l’Homme, mais la réaction chimique reste un phénomène naturel), on ressent quelque chose d’extrêmement fort en voyant jaillir ces étincelles bleues dans la nuit noire…

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Afin d’observer ces flammes bleues de plus près, nous amorçons une descente abrupte vers le minerai. Il faut être attentif, il y a pas mal de monde et beaucoup de gros cailloux. Par moment, nous croisons des porteurs de soufre, avec des paniers à balanciers remplis de soufre solide (de couleur jaune-orange) et pesant de 60 à 80 kg.

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Plus nous approchons du minerai, plus l’odeur de soufre se fait forte : il est temps de mettre nos masques à gaz. Nous restons un moment à observer les coulées de soufre, puis notre guide nous fait signe de remonter : il ne faudrait pas rater le lever du soleil !

Après une remontée bien sportive, nous arrivons au sommet du Kawah Ijen un peu avant 5 heures. Juste à temps pour voir le ciel s’éclaircir doucement et les rayons du soleil percer derrière la montagne. Moment magique…

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C’est dans cette brume matinale d’altitude que nous nous octroyons enfin une pause. Petit-déjeuner avec vue, et premiers rayons du soleil en prime ! Malgré tout, il ne fait pas chaud, et la fatigue se fait sentir. Il est possible que j’aie fermé les yeux quelques instants…

L’apparition du jour nous fait réaliser qu’en nous retournant, nous pouvons voir le cratère du volcan. Il abrite un lac d’un bleu presque surnaturel. Impossible pourtant d’aller y faire trempette, puisque ce lac est le plus acide de la planète. Avec un pH d’environ 0,2, vous seriez dissous avant que vous n’ayez pu vous en rendre compte !

Il est maintenant 6h et nous commençons à redescendre tranquillement. Nous contournons le cratère, et c’est tant mieux, car il est difficile d’en détacher nos yeux. Les roches saillantes plongent dans le bleu turquoise du lac, lui-même traversé par le nuage de vapeurs de soufre s’échappant du minerai. Quelle beauté…

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C’est à regret que nous revenons sur le sentier. Bien que nous l’ayons pris à l’aller, nous ne reconnaissons rien maintenant qu’il fait jour. Puisque la pente de la montée était intense, la pente de la descente l’est aussi. Avec des petits cailloux qui roulent sous les pieds en plus. Pas si facile quand on n’a pas dormi… Je suis tellement fatiguée que je m’assoupis 2 ou 3 fois sur le chemin (oui oui, en marchant). Nous sommes de retour au point de départ vers 7h30.

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Cette excursion était physique, mais c’est aussi ce qui fait son charme. Et surtout, on se dit que pour vivre de si merveilleux moments, il faut le mériter… 🙂

Il est maintenant temps de repartir pour Pemuteran : rebelote dans la rodéo-Jeep (toujours pas de sieste !), traversée en ferry, et taxi jusqu’à l’hôtel. Puis bonne douche décrassante et dodo réparateur…

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Afin de bien profiter de votre excursion au Kawah Ijen, voici quelques petits conseils :

– Si vous souhaitez voir les blue fires et le lever du soleil, vérifier que le départ de l’excursion soit suffisamment tôt. En effet, on peut monter toute la journée sur le volcan, mais l’ascension doit être faite de nuit pour profiter de ces cadeaux de la nature. Des gens descendaient vers le minerai quand on repartait : non seulement ils n’ont pas vu les blue fires car il faisait jour, mais ils ont aussi loupé le lever de soleil.

– L’ascension peut être entreprise sans guide. Le chemin est balisé, ce n’est pas très compliqué. Cependant, je ne peux que conseiller d’être accompagné : le guide connaît le lieu, il sait à quelle heure on doit être aux différents endroits pour ne rien rater. Et avantage non négligeable, il prête des masques à gaz !

– Il faut être en bonne condition physique. Pas besoin d’avoir des semaines d’entraînement non plus, mais comme évoqué plus haut, la montée est costaude et le rythme est intense. Par ailleurs, je ne pense pas que ce soit approprié avec des enfants.

– Evitez l’ascension si vous avez des problèmes respiratoires : les émanations de gaz sont suffocantes et dangereuses pour la santé. Dans tous les cas, prévoyez un foulard ou une serviette humide pour vous protéger le nez et la bouche (ou mieux, un masque à gaz)

– Couvrez-vous bien, il ne fait pas si chaud en pleine nuit à 2400m d’altitude ! On aurait bien supporté une couche de vêtements en plus. Donc sous-pull, pull (et plus si affinités), foulard, capuche/bonnet, bonnes chaussures.

– Evidemment, apportez suffisamment d’eau pour chaque personne, et à manger pour reprendre des forces au sommet

– Vous pouvez acheter des souvenirs en soufre aux porteurs (c’est toujours ça en plus pour eux), mais interdiction de les ramener dans l’avion (risque d’incendie)

Dépenses du jour (de la nuit en l’occurrence)

  • Ascension du Kawah Ijen depuis Pemuteran (pour 2 personnes) : 1.800.000Rp (103€)

Pemuteran

Après avoir passé deux jours dans les montagnes verdoyantes de la région de Munduk, nous changeons de paysage : nous voici sur la plage de sable gris de Pemuteran. Cette petite station balnéaire se situe sur la côte nord de Bali, quasiment à l’extrémité de la pointe ouest de l’île.

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Après nous être tranquillement installés dans notre chambre d’hôtel, nous marchons jusqu’à la plage, et nous prenons un bon bain dans la mer de Bali. S’en suit une petite sieste sur le sable… En effet, il faut que nous prenions des forces pour la nuit qui nous attend…

Quand arrive l’heure du dîner, nous avons l’embarras du choix ! Nous décidons de manger à deux pas de notre hôtel, au Ode Resto. Ce n’est pas l’endroit le plus charmant puisqu’il est situé sur la rue principale de Pemuteran, mais c’est ici que nous avons dégusté le meilleur poisson de notre séjour. Hummm, la pêche du jour, parfaitement grillée, délicatement assaisonnée… Un délice !

Suite à ce délicieux repas, nous rentrons à l’hôtel et tentons de dormir un peu. Mais pas trop, car nous avons rendez-vous à minuit avec le patron. Nous avons réservé une excursion exceptionnelle avec lui : l’ascension du volcan Kawah Ijen sur l’île voisine de Java ! Je vous fait le récit de cette incroyable nuit ici.

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C’est épuisés que nous rentrons le lendemain midi de notre aventure volcanique. Nous retournons sur la plage de Pemuteran et comblons un peu notre manque de sommeil. Puis, après une ou deux baignades, nous décidons de nous promener sur le sable chaud.

Nous passons devant des bateaux de pêcheurs aux couleurs bariolées. Leurs maisons sont des petites bicoques situées quasiment sur la plage. A l’extrémité est de la plage se trouve un spot instragramable : une balançoire en bois les pieds dans l’eau. Nous faisons demi-tour et continuons notre balade sur la plage principale, un peu plus large à l’ouest. Le soleil se couche doucement derrière les montagnes qui plongent dans la mer.

Nos ventres nous rappellent à la réalité (nous n’avons pas vraiment déjeuné ce midi) et nous quittons la plage pour nous retrouver dans le charmant jardin du Santai Warung. Ici encore, nous dégustons de délicieux poissons frais. Mais ce qui rend ce lieu exceptionnel est l’ambiance qui y règne… A un moment donné, le fils de la famille attrape une guitare et se met à jouer et chanter. Ça dure tout le repas, il est rejoint par plusieurs personnes. On a l’impression d’être chez des amis. La musique nous lie tous, locaux et étrangers. On savoure ce moment hors du temps…

Le lendemain matin, après une bonne nuit dans un vrai lit et pas sur la banquette inconfortable d’un vieux 4×4, nous avons rendez-vous dans le hall de l’hôtel car nous avons réservé une deuxième excursion : une journée snorkeling autour de l’île de Pulau Menjangan, qui est un parc naturel. Nous commençons par nous arrêter chez un loueur de matériel de plongée : nous avons nos propres masques et tubas, mais nous devons emprunter des palmes. Puis on nous emmène jusqu’à un petit port, duquel on embarque à environ 10 personnes sur de petits bateaux en bois. Après presqu’une heure de trajet sur une mer bleue turquoise façon carte postale, nous approchons de Pulau Menjangan. Le bateau s’arrête, nous nous équipons de nos palmes-masque-tuba et nous partons à la rencontre de milliers de poissons tropicaux. L’eau est limpide, et on ne se lasse pas d’observer ces petits poissons plus colorés les uns que les autres faire leur vie dans les coraux.

N’oubliez pas de bien vous tartiner le dos et les fesses de crème solaire. On est dans l’eau, on est bien, on ne sent pas que ça chauffe… Mais à la fin de la journée, on remarque bien ceux qui n’ont pas jugé utile de se protéger ! Et ça doit faire mal…

Après une bonne heure à contempler les poissons, nous remontons sur le bateau, qui s’approche de cette île non habitée et accoste sur la plage. Ainsi, nous pique-niquons sur le sable blanc, avec pour panorama les volcans de l’île voisine de Java. Une fois le repas terminé, le bateau s’arrête de nouveau de l’autre côté de l’île pour une deuxième séance de snorkeling. Et hop, encore de fabuleuses couleurs sous-marines !

Sur le chemin du retour, nous profitons de la vue offerte depuis le bateau sur la mer scintillante et les volcans au loin. Nous rentrons à l’hôtel en fin d’après-midi. Nous avons vraiment apprécié cette journée exceptionnelle, tant pour la balade en bateau que pour la beauté du paysage et du récif corallien.

Nous décidons de terminer cette incroyable journée par un cocktail sur la plage à l’Amertha Bali Villas, en admirant le coucher de soleil. Puis nous dînons au restaurant Badini (encore du poisson grillé).

Nous serions bien restés une journée de plus à Pemuteran afin de nous reposer et de profiter de son calme. Mais nous devons continuer notre périple, et un long trajet nous attend dès demain matin !

Dépenses des 2 jours

  • Taxi Munduk-Pemuteran : 400.000Rp (23€)
  • Excursion au Kawah Ijen : 1.800.000Rp (103€)
  • Journée snorkeling (pour 2 personnes, départ de l’hôtel, prêt du matériel et repas compris) : 1.200.00Rp (69€)

Munduk

Quel bonheur de se réveiller face à la montagne ! Le panorama est toujours aussi beau qu’hier, et nous motive d’autant plus pour la découverte de cette belle région.

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Aujourd’hui, nous louons un scooter pour nous promener dans les alentours de Munduk. Nous sommes ici dans le Bali rural et montagneux. La végétation est dense et bien verdoyante.

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Nous prenons tout d’abord la direction de Bedugul et du lac Danau Bratan. Des familles de singes prennent leur petit-déjeuner sur le bord de la route. Nous arrivons sur la route de crête qui surplombe les lacs Tamblingan et Buyan : la vue est époustouflante. Arrêt oblige ! Le contraste entre le bleu profond de l’eau, le vert aux multiples nuances de la montagne, et le ciel au relief nuageux, nous donne le sourire de bon matin. La journée va être belle, c’est certain !

Nous remontons sur le scooter, et descendons jusqu’aux rives du lac Bratan et à l’entrée du temple Pura Ulu Danu. Nous arrivons tôt, il n’y a donc pas encore beaucoup de touristes. Ce temple est un des plus célèbres de Bali, il est même présent sur les billets de 50.000 roupies. Il est situé sur le lac, logiquement dédié à la déesse des Eaux. Il est reconnaissable à son meru à 11 toits, et bien sûr au paysage derrière : la montagne Gunung Catur plongeant dans le lac. La lumière matinale est douce et nous accompagne dans la visite de ce lieu magique. Il paraît que le coucher de soleil ici vaut le coup.

Dans le parc, une très longue fresque montre l’histoire de l’apparition du lac et du temple.

Après une bonne demi-heure de promenade bien agréable, nous repartons vers le nord et allons nous perdre dans les montagnes. Il faut être concentré et patient : la route est longue est sinueuse.

Après plus d’une heure de trajet, un petit doute sur le chemin à prendre, nous arrivons enfin à bon port (ou presque) à Sekumpul. Car oui, maintenant il va falloir marcher ! Nous laissons le scooter et marchons sur un petit sentier pavé. Dans les cours des maisons, de grandes bâches sont étalées sur le sol afin de faire sécher au soleil les clous de girofle fraîchement ramassés. Nous voyons d’ailleurs des hommes en pleine action dans les arbres, en équilibre au sommet, après avoir grimpé grâce à une échelle faite de bambou.

Nous poursuivons sur sentier, descendons des escaliers perdus dans la jungle, quand enfin nous l’apercevons : la cascade de Sekumpul ! Semblant venir de nulle part, jaillissant entre les arbres, dégringolant dans le vacarme, les chutes sont majestueuses.

Nous continuons de descendre prudemment les escaliers, traversons la rivière, et observons maintenant la cascade d’en bas. Encore plus impressionnant…

Ce brumisateur naturel nous donne envie de nous rafraîchir. Heureusement, nous avons prévu nos maillots de bain. Nous profitons donc d’une petite baignade au pied des chutes. D’autres chutes, plus petites (mais aussi plus tranquilles), sont situées à quelques dizaines de mètres.

Après cette pause récréative, nous quittons la cascade à regret. La descente était abrupte, la montée sera donc costaude. On y va doucement, le souffle bien court par moment… Presque arrivés en haut, nous cédons à l’appel de nos ventres et nous nous arrêtons dans un warung avec vue sur la forêt. Ça fait du bien de manger !

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Comptez deux bonnes heures pour cette excursion aux chutes d’eau de Sekumpul : la descente est rapide (30 minutes) mais la montée prend au moins le double de temps, plus le temps de profiter en bas. Il est également déconseillé de descendre lorsqu’il pleut : le chemin devient alors glissant, et surtout le niveau de la rivière peut vite monter.

Le ventre plein, nous enfourchons notre bolide, et c’est reparti pour un tour sur les routes sinueuses et désertes de la montagne. Le scooter est quasiment en roue libre, les freins toujours activés, quand soudain, grosse frayeur… Les freins ne fonctionnent plus ! Nous prenons de la vitesse dans la pente descendante, je peux vous dire qu’on n’en mène pas large… Mon chéri-conducteur me dit que si ça devient critique, on doit sauter et laisser le scooter terminer sa course folle tout seul. Gros stress… Heureusement, la pente se calme un peu et on peut s’arrêter. Nous éteignons le moteur et nous attendons. Ça y est, les freins fonctionnent à nouveau ! Ils devaient être tellement en surchauffe qu’ils n’avaient plus aucun effet. Nous reprenons prudemment la route et retrouvons l’axe principal, moins pentu. Nous nous dirigeons alors vers le Pura Ulun Danu Balian, au bord du lac Buyan. Nous doutons d’être au bon endroit : il n’y a presque rien ni personne, c’est presque glauque… Mais si, c’est bien ici ! Le temple n’est pas accessible au public. Passez votre chemin, cet endroit n’a absolument rien d’exceptionnel.

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Nous rentrons donc à l’hôtel, épuisés mais ravis de cette merveilleuse journée ! Baignade dans la piscine, apéro sur la terrasse (je me suis fait un super copain tout mignon !), dîner au restaurant (les meilleurs dadar gulung de notre séjour !) puis bon dodo bien mérité !

Le lendemain matin, nous profitons encore une fois de la vue puis notre chambre. Après le petit-déjeuner, nous récupérons le scooter et nous partons cette fois explorer les cascades du côté de Munduk. Nous nous garons près de Melanting Cottages et nous descendons le long chemin qui nous amène aux Melanting Waterfalls. Nous sommes seuls dans les escaliers abrupts qui mènent aux chutes. Après plusieurs minutes de descente, nous arrivons près d’un petit escalier en bambou qui enjambe la rivière. En amont se trouve la cascade. C’est un endroit très agréable de bon matin !

Nous continuons notre chemin vers les Labuhan Kebo Waterfalls, d’autres chutes d’eaux. L’endroit est similaire, mais tout aussi charmant.

Encore un peu plus loin se trouvent les Munduk Waterfalls. Elles sont un peu plus grandes, mais aussi un peu plus touristiques (un peu plus de monde et mieux aménagées).

Cette petite balade matinale est très agréable, bien que sportive (eh oui, il faut toujours remonter ces fameux escaliers bien pentus !).

L’effort creuse, nous rentrons donc à l’hôtel pour rendre le scooter et déjeuner. Nous savourons la vue depuis la terrasse une dernière fois, car il est maintenant temps de quitter Munduk…

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Si vous passez plus de temps dans la région, il y a encore pas mal de choses sympas à faire : d’autres balades dans les rizières (demander des conseils à l’hôtel, ils peuvent parfois fournir une carte – balinaise- mais ça aide quand même !), possibilité de randonnées guidées, accrobranche à côté du temple Ulu Danu,…

Dépenses des 2 jours

  • Location de scooter + essence : 155.000Rp (9€)
  • Temple Pura Ulu Danu : 107.000Rp (6€)
  • Chutes d’eau de Sekumpul : 45.000Rp (2,5€)
  • Chutes d’eau de Munduk : 80.000Rp (4,5€)

D’Ubud à Munduk – Jatiluwih

Ce matin, nous sommes réveillés de façon originale : vers 6h, un tremblement de terre nous arrache des bras de Morphée. Nous mettons quelques dizaines de secondes à comprendre ce qui se passe. Nous sortons sur la terrasse, tout comme de nombreux autres occupants de l’hôtel. Mais le personnel ne donne pas la consigne de sortir, nous retournons donc à l’intérieur. L’épicentre de ce séisme d’une magnitude de 7 se trouve au nord de l’île voisine de Lombok, à environ 135km d’Ubud. Même s’il ne semble pas y avoir de dégâts ici, c’est un peu impressionnant.

Il est maintenant temps de quitter Ubud. Un taxi vient nous chercher à l’hôtel vers 10h pour nous emmener vers notre prochaine destination : Munduk. Nous avons cependant prévu quelques arrêts sur le chemin.

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Détour immanquable par les rizières de Jatiluwih. Ce site, qui est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, porte bien son nom, puisque Jatiluwih signifie magnifique. Ici, des rizières en terrasse s’étendent sur une vingtaine de kilomètres, à perte de vue. Le panorama est époustouflant ! Des chemins pavés permettent de se balader dans les rizières et de profiter de la beauté du paysage verdoyant. Il n’y a quasiment personne, nous savourons la tranquillité du lieu.

Puis nous remontons dans la voiture. En chemin, le chauffeur nous demande si nous avons déjà goûté une spécialité culinaire de Bali : le café (kopi) Luwak. Nous répondons négativement, il décide alors de nous arrêter dans une fabrique (Kopi Luwak Baturiti). Ce café est obtenu d’une manière… originale ! La civette asiatique (le luwak), un genre de blaireau local, mange les grains de café mais ne les digère pas totalement. Après déjection par la civette, les grains sont récoltés, lavés, séchés, torréfiés, et transformés en café. Le goût en résultant est un café moins amer que celui que nous connaissons. C’est aussi le café le plus cher du monde ! Il se vend environ 200€ le kg en France… Ici évidemment, c’est moins cher. Nous commandons une tasse, et abstraction faite de son origine, nous apprécions le goût très doux mais pas fade pour autant.

Nous commandons également un échantillon de tous les thé et cafés aromatisés qu’ils produisent ici. Il y en a pour tout le monde : à la citronnelle, au gingembre, à la cannelle, au chocolat, au ginseng, à la rose, etc. Cette dégustation agréable a en plus lieu dans un cadre exceptionnel : sur une terrasse face à la montagne et aux rizières ! Nous avions peur de tomber dans un attrape-touristes (ok, c’est probablement un peu le cas ! même s’il n’y a pas foule…), mais finalement cette petite pause dans le trajet est pleine de découverte ! Passage obligé dans la boutique en repartant, nous en profitons pour acheter un paquet de kopi luwak pour nos familles respectives, du thé à la citronnelle et du café au ginseng pour nous (histoire de se remettre dans l’ambiance balinaise quand on sera de retour à la maison).

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Allez, il reste encore un peu de route avant d’arriver à Munduk ! Le temps d’une sieste et on est arrivés ! Notre hôtel est adorable, perdu au milieu de la végétation. Nous mangeons un morceau au restaurant et nous allons faire un petit tour à pieds dans les alentours. Il n’y a pas grand-chose à voir, et la route est plutôt dangereuse pour les piétons. Nous revenons donc à l’hôtel : notre chambre est prête ! Nous nous y installons, et allons tout de suite profiter de l’atout charme de cet hôtel : la piscine à débordement avec vue sublime… Je vous laisse juger…

Dépenses du jour

  • Taxi Ubud-Munduk : 600.000Rp (35€)
  • Rizières de Jatiluwih : 85.000Rp (5€)

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