Quelques secondes, et tout bascule
C’était une journée au paradis. Balades sur une île quasi déserte, seuls au monde. Le sable blanc, la mer turquoise façon carte postale, les poissons multicolores. Le cocktail sur la plage en admirant le coucher de soleil. Le dîner à la bougie, les yeux dans les yeux, les pieds dans le sable.
Quand soudain, à 19h46, tout bascule. En une fraction de seconde, tout devient noir. Et silencieux. Uniquement la lueur des bougies sur les tables, et le bruit de la terre qui tremble, des pierres qui s’écroulent. Pendant combien de temps ? 20, 30 secondes tout au plus. Mais qui semblent une éternité…
Dès les premières secousses ressenties, mon chéri m’attrape et met nos têtes sous la petite table. Lorsque ça se calme, nous nous relevons. Difficile d’évaluer l’ampleur des dégâts : il fait nuit noire et il n’y a plus d’électricité. L’ambiance est relativement calme : pas de cris, pas de panique. On sent malgré tout l’angoisse monter. On se réunit avec quelques autres touristes, ne sachant que faire. Aucun Indonésien à l’horizon, on se demande où ils sont tous partis… Certains touristes décident de rester sur la plage, au bord de l’eau, sûrement pour éviter des chutes d’arbres. Mais j’ai le mot tsunami qui clignote. D’autant que, quelques jours plus tôt, dans le ferry qui nous emmenait à Java, j’ai vu un clip qui montrait le terrible tsunami de 2004. J’ai donc ces images qui tournent en boucle, et rester près de l’eau ne me dit rien qui vaille…
Au bout de quelques minutes (ou plus ? Le temps défile bizarrement), nous voyons un des serveurs du restaurant. Nous l’interpellons, il nous fait signe de le suivre. Nous quittons donc la plage pour nous réfugier quelques dizaines de mètres plus loin, à l’intérieur de l’île. Ici sont regroupés une dizaine de personnes, des locaux et des touristes. L’angoisse grimpe encore d’un cran, notamment lorsqu’une femme au téléphone (probablement avec sa famille sur Lombok) se met à crier et pleurer. Tout est amplifié par le fait que nous n’avons aucune information sur ce qui se passe, quelle est l’ampleur des dégâts, que faire, etc. On apprend quand même que nous allons devoir passer la nuit dehors.
Puisqu’il en est ainsi (et qu’il commence à faire frais), nous décidons de nous diriger vers notre bungalow pour prendre quelques affaires chaudes. En chemin, nous devons enjamber des murets qui se sont écroulés. Puis nous croisons un groupe important de personnes, mené par une Occidentale (du club de plongée, qui vit sur l’île) qui nous arrête. Enfin, nous en apprenons un peu plus ! Elle nous explique qu’on ne peut aller plus loin, qu’il faut se regrouper au niveau du point le plus haut de l’île car une alerte tsunami a été déclenchée. Nous suivons donc le groupe de touristes et nous nous asseyons dans l’herbe. Et attendons… Nous restons calme, relativement silencieux. La petite boule dans le ventre grandit. On essaie de ne pas penser au fait que, même au centre de Gili Air et au niveau de son point le plus haut, nous sommes à quelques centaines de mètres de la plage et quasiment au niveau de la mer. Autant dire que si un tsunami arrive, on n’est pas vraiment sûrs de s’en sortir…
Par moment, la terre tremble de nouveau. Evidemment pas aussi fortement que lors de la première secousse, mais suffisamment pour que cette petite boule me torde le ventre. Vers 21h30, nous décidons d’envoyer un message à nos familles. Nous ne savons pas si le séisme est suffisamment puissant pour qu’on en parle aux informations françaises (et, internet étant coupé, nous ne pouvons vérifier), mais par précaution nous rassurons nos parents par sms.
Le personnel du club de plongée passe donner quelques nouvelles de la situation : la vague résultant du tremblement est arrivée à Lombok. Elle n’était pas très haute, et même si elle va gagner en puissance le temps d’arriver à Gili Air, elle ne devrait pas dépasser 70cm. C’est une bonne nouvelle, mais on va quand même attendre l’arrivée de cette fameuse vague avant de souffler.
Une quinzaine de minutes plus tard, l’alerte tsunami est levée. L’angoisse est toujours là, mais l’ambiance se détend un peu. Les gens du club de plongée passent donner de l’eau et de la nourriture à ceux qui le veulent.
La nuit est bien avancée et la température est encore descendue. Maintenant que la situation est un peu apaisée et qu’il ne reste plus qu’à attendre le lever du jour, nous décidons de reprendre notre route vers notre bungalow afin d’aller chercher quelques affaires pour nous tenir chaud. En chemin, nous croisons un habitant de Gili Air qui décide de nous accompagner. L’électricité n’étant pas revenue, nous n’avons que la lampe torche de nos téléphones pour nous éclairer. Nous ne pouvons voir si le bungalow est endommagé : il va falloir être prudents et rapides. En 30 secondes, nous récupérons des sweats, nos sarongs et des serviettes de bain. Pas le temps de s’occuper d’autre chose ! Notre voisin nous mène ensuite à une prairie où sont rassemblés une petite centaine de personnes, touristes comme locaux. La propriétaire des bungalows est là, et elle a l’extrême gentillesse de nous prêter une couverture pour la nuit.
Il est environ 23h, nous nous allongeons sur la terre sèche et tentons de dormir. Pas si facile… Je réussis quand même à m’assoupir. Avant d’être réveillée par une nouvelle réplique. C’est encore plus impressionnant lorsqu’on est allongé, on ressent les vibrations de la terre de tout son corps, ça résonne à l’intérieur. Chaque secousse est suivie d’une prière des habitants de l’île (ici musulmans). Ça donne une dimension très particulière à l’ambiance qui règne ici. Et ça se répète, encore et encore. 10 fois, 20 fois, peut-être plus, peut-être moins, on perd le compte…
Dans la nuit, l’imam vient rassurer ses fidèles et prier avec eux. C’est beau, ça nous bercerait presque.
Il est bientôt 6h, on commence à distinguer les premières lueurs de l’aube. Entre l’angoisse, l’inconfort, les secousses, les prières, nous avons très peu dormi. Mais nous sommes en vie et indemnes, ce qui nous donne du courage pour la difficile journée qui s’annonce. Le soleil se lève, et les gens commencent à en faire autant. La propriétaire des bungalows vient nous chercher pour rentrer, et pour évaluer l’ampleur des dégâts. Le muret de la terrasse de notre voisin s’est effondré. Chez nous, c’est le mur entre la chambre et la salle de bain qui est fissuré, et on sent bien que celle-ci penche un peu trop. Nous montons prudemment dans la chambre, et rassemblons nos affaires le plus rapidement possible. Nous récupérons doucement nos trousses de toilette dans la salle de bain ; le stress monte un peu à ce moment-là. Nous passons voir la propriétaire pour lui dire au revoir. Elle semble désemparée, elle m’attriste beaucoup. C’est dur de savoir que l’on va peut-être devoir tout quitter et tout recommencer… Elle nous conseille de quitter Gili Air dès que possible : ce n’est pas très sûr ici, et les autorités devraient ordonner l’évacuation dans les minutes qui viennent.

Evidemment, nous ne sommes pas les seuls dans ce cas : tout le monde se dirige vers l’embarcadère. On distingue les touristes, avec leurs grosses valises, des locaux, avec leurs petits sacs plastiques. Pour l’instant, il n’y a qu’un seul speedboat qui semble faire la liaison avec Bangsal à Lombok. La file d’attente ne bouge pas d’un pouce. Nous décidons donc d’aller nous poser un peu plus loin et d’attendre que la situation s’améliore. Il est environ 7h30 du matin, et nous savons que nous passerons au minimum la matinée ici.
Quelques images traumatisantes nous rappellent la violence du séisme. Les murs des maisons effondrés. Sur la plage, à quelques dizaines de mètres de nous, un corps sans vie recouvert d’une serviette de bain. Puis, sur un brancard improvisé avec un transat, porté par plusieurs hommes pressés, un jeune homme qui semble mal-en-point.

Mon chéri décide de retourner vers la rue commerçante afin d’aller acheter, si possible, de l’eau et de la nourriture, au cas où. Je me retrouve donc seule (tout est relatif, puisqu’il y a des centaines de personnes autour) pendant une vingtaine de minutes, et c’est probablement le moment le plus angoissant pour moi. Je comprends alors que, ce qui nous a en partie permis de ne pas céder à la panique, c’est d’être ensemble. Et que c’est précieux…
Mon chéri revient enfin avec des bouteilles d’eau et un paquet de gâteaux (que nous appelleront affectueusement ensuite biscuits de la survie), et je souffle un peu. Les gens se pressent sur l’embarcadère, qui n’est pas si costaud. D’ailleurs, une des planches de bois finit par céder (sans faire de blessé, heureusement). Il y a tellement peu de place dans le bateau que l’on demande aux gens de laisser leurs valises sur place. Le couple qui attend à côté de nous s’offusque, et décrète qu’ils ne sépareront jamais de leur valise. Moi, qui suit pourtant très attachée aux objets, je ne me pose pas la question très longtemps. Nous réorganisons nos sacs à dos avec le strict nécessaire, dans l’éventualité où nous devrions laisser nos affaires sur place : une tenue de rechange, quelques sous-vêtements, un maillot de bain, la trousse de toilette (jamais sans ma brosse à dents !), l’appareil photo, les clés de l’appartement et nos papiers d’identité.
Quelques bateaux publics arrivent enfin. A chaque fois, plusieurs dizaines de personnes montent à bord, bien plus qu’il ne le faudrait. Et c’est la foire d’empoigne ! De l’eau jusqu’à la taille, portant ses affaires à bout de bras, la place sera à celui qui jouera le mieux des coudes. Nous sommes très étonnés par l’absence de personnel officiel : pas de policier ni de militaire, personne pour organiser l’évacuation. Du coup, c’est l’anarchie.

L’embarcadère se vide un peu. Vers 11h, nous décidons de tenter notre chance avec un bateau public. Encore une petite montée d’adrénaline… On enlève nos chaussures, on avance dans l’eau, et hop, mon chéri monte sur le bateau. Une femme proteste, déclarant que nous sommes déjà trop nombreux (ce qui n’est pas tout à fait faux). Mais pas le choix, il faut y aller. Il m’aide à grimper, et le bateau démarre. Il s’en est fallu de peu. Nous sommes soulagés, et le bonus : nous avons pu emporter nos valises !
Après une bonne dizaine de minutes de traversée, nous arrivons à Bangsal. Il y a beaucoup de monde sur le petit port : les touristes arrivent massivement des 3 îles Gili. Nous espérons pouvoir trouver un taxi ou un bus qui nous emmène à Lembar pour reprendre le ferry. Pour la première fois de la journée, nous voyons des militaires qui gèrent les afflux de personnes. Malheureusement, aucun véhicule civil ne passe ; il semble que nous nous trouverons pas de taxi ici. Nous décidons donc de quitter le port et de remonter la rue principale de Bangsal, où nous aurons peut-être plus de chance. Nous trouvons tout d’abord une gare routière : quelques bus sont garés, mais nous comprenons vite qu’il ne faut rien espérer. Dans l’hypothèse où des bus partiraient, de nombreux touristes font déjà la queue. Nous continuons donc notre route et nous nous arrêtons au carrefour suivant. Il y a pas mal de circulation ici, nous trouverons peut-être une voiture plus facilement.
Alors que nous attendons, je réalise que nous avons eu beaucoup de chance jusqu’à présent : nous sommes vivants (c’est déjà un bon point), nous n’avons pas une égratignure, et nous n’avons même pas subi de dommages « matériels ». Parmi les touristes qui sont autour de nous, certains portent un bandage à la tête, d’autres ont le pieds en sang. Juste en face de nous, les murs des magasins sont tombés. Il ne reste de la mosquée voisine qu’un immense tas de pierres, recouvert de la coupole qui donne une idée de la dimension d’origine. Elle devait être magnifique.


Nous nous faisons accoster une ou deux fois par des locaux : ils veulent savoir où nous nous rendons et nous proposent de nous y emmener pour un prix exorbitant. Le temps d’hésiter, la voiture est déjà pleine avec d’autres personnes qui préfèrent rejoindre l’aéroport. Un autre homme vient nous voir : nous négocions, avec le couple à côté de nous, le trajet pour Lembar à 1.000.000Rp (environ 60€) pour chaque couple. Adjugé ! C’est cher, mais tant pis, nous n’avons pas le choix. Il va donc chercher sa voiture. Le chef arrive, et au moment où nous mettons les valises dans le coffre, la note change : c’est maintenant 1.000.000Rp par personne. Pas le temps d’hésiter, ou les places dans la voiture vont encore nous passer sous le nez. Tant pis pour le porte-monnaie, il est absolument nécessaire que nous partions d’ici.
Le couple avec qui nous partageons le taxi est colombien. Ils étaient sur Gili Trawangan et ont filmé leur hôtel avant de partir : il y a eu pas mal de dégâts (beaucoup de fissures, quelques murs écroulés). Le chauffeur nous raconte que toute sa famille est à l’hôpital. Ça me fait mal au cœur qu’il soit sur la route alors qu’il devrait être avec eux…
Après quelques kilomètres, nous sommes obligés de faire demi-tour : la route pour Mataram est endommagée, elle a été fermée. Nous allons donc devoir passer par la côte.
Sur le chemin, le ventre se serre à nouveau plusieurs fois. Quand on distingue les îles Gili au loin. Quand on passe devant des bâtiments fissurés, des villages effondrés. Quand on voit des hommes creuser des tombes pour de nombreux corps.
Vers 13h45, nous arrivons à Lembar. Nous remercions notre chauffeur et lui souhaitons bon courage. Il y a beaucoup de monde à l’embarcadère, et on ne sait pas à quelle heure part le prochain bateau (ni même s’il y en aura un). Nous commençons à avoir faim : nous achetons alors des portions de riz emballés dans des feuilles de bananiers. Il n’y a pas de couvert, il va falloir manger avec les mains. C’est sacrément épicé ! J’en pleure, je renifle, mes lèvres sont en feu, même mes doigts semblent brûler !
On nous indique que le ferry partira du premier ponton, et puis non du dernier, ah et en fait ce sera bien du premier. Pendant cette pagaille, les gens se passent devant les uns les autres et n’hésitent à se rouler sur les pieds avec leurs valises. Nous réussissons finalement à embarquer. C’est parti pour un trajet de 4h, qui semble interminable. Nous essayons de dormir tant bien que mal sur les chaises en plastiques. Puis, tandis que le soleil se couche doucement, nous voyons apparaître les contours de Bali.
Nous foulons enfin le sol de Padangbai. C’est une petite victoire, un poids en moins au creux de ce satané ventre. J’ai repéré dans le Guide du Routard un hôtel proche de l’embarcadère. Nous demandons à la réception, mais sans surprise il est complet. Nous avançons donc vers le centre de la petite ville. Ici, des chambres sont libres, mais il n’y a pas d’eau chaude. En temps normal, nous aurions pu nous en accommoder, mais pas aujourd’hui. Nous avons besoin du réconfort apporté par une longue douche bien chaude. Nous continuons notre quête et arrivons à l’hôtel Dharma. Il reste une chambre (avec de l’eau chaude !), la plus belle, elle est située au 4ème et dernier étage. Moment d’hésitation, la boule revient. Et si la terre tremble de nouveau cette nuit ? Le dernier étage ne me rassure absolument pas… Mais il va falloir surmonter cette angoisse.
Finalement notre chambre est agréable : elle est spacieuse, il y a une grande terrasse, et on a une jolie vue depuis la salle de bain. On commence par se connecter au wifi et appeler nos parents pour les rassurer et leur raconter les 24 heures qui viennent de s’écouler. Vient enfin le moment le plus attendu de la journée : la douche ! Nos corps sont recouverts de sel, de sable, de poussière et de sueur, et cette eau chaude et savonneuse est le saint-graal. Nous en profitons un peu plus que raisonnable.
Après avoir dîné, nous nous glissons sous les couvertures pour une nuit dans un vrai lit…


Ce que dit la science
Le séisme qui a frappé Lombok ce 5 août 2018 s’est produit à 10km de profondeur et était d’une magnitude de 7, ce qui explique la violence des secousses et les dégâts occasionnés. Il est dû à une collision entre la plaque australienne et la plaque eurasienne.
Ce séisme avait été précédé d’un autre le 28 juillet (que nous avions ressenti à Ubud) et a été suivi d’un le 9 août (que nous n’avons bizarrement pas senti sur la plage à Sanur, contrairement aux gens dans les rues) et de deux le 19 août.

L’Indonésie est située sur la ceinture du feu du Pacifique, zone de forte activité sismique puisqu’elle correspond à la convergence de trois grandes plaques tectoniques (indopacifique, australienne et eurasienne). Il n’est donc pas rare qu’il y ait des tremblements de terre dans cette région du monde, même s’ils sont généralement moins puissants. Ils peuvent être suivis de nombreuses répliques.
Ce qui est plus rare, en revanche, c’est que plusieurs séismes différents, avec des épicentres relativement proches et des magnitudes fortes, se produisent à quelques jours d’intervalle. En effet, l’énergie libérée est tellement énorme qu’il faut du temps avant qu’un autre tremblement de terre se produise. Mystère pour les scientifiques…
Vous pouvez lire les articles explicatifs de Futura Sciences et du Figaro international, qui peuvent vous en apprendre un peu plus.
Et après ?
Malgré la survenue de cet événement, nous avons eu énormément de chance. Tout d’abord, nous sommes sortis de cette épreuve sales et fatigués, mais sains et saufs. Même pas une égratignure ! Seules les roulettes de nos valises ont souffert sur les nids de poule des rues de Lombok. Ensuite, même si quitter Gili Air et Lombok a été compliqué, nous avons pu le faire dans la journée. De nombreux touristes et locaux n’ont pas réussi. Les vols depuis l’aéroport de Lombok étaient tous complets, et beaucoup ont dû attendre plusieurs jours. Enfin, ce séisme a eu lieu à la fin de notre séjour. Nous avons donc eu largement le temps de bien profiter avant. Nous avons rencontré quelques Français pendant la journée de trajet Lombok-Bali, certains étaient au milieu de leurs vacances, d’autres les commençaient tout juste. Leurs discours étaient le même : on veut juste rentrer chez nous !
Les jours qui ont suivi ont été particuliers. Le calme de Sidemen a réussi à nous apaiser, mais notre esprit était encore empreint de ce qui s’était passé à Gili Air. Vous savez, cette sensation étrange, comme par exemple après les attentats de 2015, où vous ne pouvez vous empêcher d’y penser toute la journée… Je suis devenue un peu parano sur les bords : j’ai même eu peur qu’une pluie d’orage nous inonde et nous engloutisse, c’est dire… La moindre petite vibration du sol faisait réapparaître cette fameuse boule au ventre : un camion qui approche sur la route, quelqu’un qui remue son genou, le métro parisien sous nos pieds, etc. L’angoisse a été présente plusieurs mois, les mauvais rêves aussi. C’est passé. Mais je n’aime toujours pas sentir le sol vibrer.
Il faut savoir tirer parti des épreuves et relativiser. On a de la chance de vivre où nous vivons, dans un pays comme le nôtre. Ce séisme est aussi un lien entre nous deux, il fait parti de notre histoire de couple, il nous a très probablement renforcé.
Dans un registre un peu plus administratif, on s’est également dit qu’à l’avenir, ce serait bien de s’enregistrer sur Ariane (pour ne pas couper le fil, saisissez-vous la référence ?). Il s’agit d’un service du Ministère des Affaires Etrangères : vous enregistrez les détails de votre voyage, vos lieux de passage, votre numéro de téléphone et le nom de vos accompagnants. S’il arrive quelque chose, vous recevrez des informations et des consignes de sécurité par mail ou sms, et la personne que vous avez désignée pourra être contactée le cas échéant. Pas de flicage, les données sont supprimées une fois le voyage terminé. En effet, s’il nous était arrivé quelque chose, qui aurait su où nous étions et comment nous retrouver…? Si on avait été inscrits, on aurait reçu cette info, et celle-ci ou encore celle-là. Ça nous aurait probablement rassurés.
J’espère que je ne vous ai pas fait renoncer à partir en Indonésie, parce que le reste, c’était sacrément bien !
PS : on n’a toujours pas mangé les biscuits de la survie

Je me souviens aussi avoir pensé à toi quand on a appris la nouvelle en France ! Je me suis déjà inscrit sur Ariane pour des voyages hors Europe… c’est rassurant 🙂
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C’est bien écrit, très agréable à lire ! J’avais oublié cet épisode, en relisant, je me rappelle qu’on s’était inquiété… Vous gardez les biscuits en cas de crise nucléaire ?
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Figure-toi que l’écriture de l’article nous a donné des idées : on a entamé le paquet ce soir ! Et puis crise sanitaire, crise nucléaire, c’est un peu pareil non ? 😉
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